
Cher Éric,
Si un génie sortait de votre bouteille d'eau minérale et vous révélait l'existence d'un diamant gros comme un pamplemousse au sommet du mont Saint-Hilaire, auriez-vous besoin de vous pousser dans le dos et de vous discipliner pour aller le chercher? Sûrement pas. En fait, probablement seriez-vous même prêt à escalader cette montagne
à genoux pour un trésor d'une telle valeur...
Lorsque notre objectif est infiniment précieux pour nous, on trouve en général un moyen de l'atteindre, et l'idée de remettre à plus tard ne nous traverserait pas l'esprit. Ainsi, je pourrais simplement vous dire que le meilleur moyen d'être discipliné et efficace, c'est d'être
déterminé. Mais ce n'est pas aussi simple, n'est-ce pas? Dans la réalité, on est souvent partagé, divisé: certaines parties de nous veulent fortement aller de l'avant... mais d'autres hésitent.
Je vous invite à identifier cette petite voix en vous qui dit «non» à vos aspirations; c'est elle qui met un frein à vos élans. Allez au-delà de la notion de discipline et explorez plus en profondeur la nature de votre résistance intérieure. Pour vous aider, voici quelques exemples de facteurs qui entrent peut-être en jeu (ils peuvent s'appliquer à un ou à plusieurs de vos projets):
- Vous êtes perfectionniste; vous vous en demandez trop avant même de commencer, et cela vous paralyse.
- Il est physiquement impossible de faire plus que ce que vous faites déjà (le temps et/ou l'énergie vous manquent).
- Vous avez peur de vivre un échec et vous vous protégez en vous abstenant de faire quoi que ce soit.
- Votre objectif n'est pas authentique et ressenti; vous faites ce que vous pensez devoir faire ou ce que vous pensez aimer, sans trop vous écouter.
- Vous êtes accablé par toutes les actions à poser afin d'atteindre votre but, donc vous avez peine à foncer.
- Certaines croyances limitatives vous font douter de vous-même ou de vos objectifs (ex.: «je ne suis pas né pour le succès»).
En identifiant le «bobo», vous pourrez vous ajuster en conséquences et vous n'aurez plus l'impression d'être un obstacle sur votre propre chemin.
Finalement, je rajouterais qu'il est inutile d'être dur avec vous-même. Quand vous vous dirigez vers le fauteuil en face de la télévision plutôt que vers votre saxophone ou votre table de travail, tentez de ressentir et de comprendre ce qui se passe en vous, plutôt que de succomber instantanément à la culpabilité; celle-ci ne fait qu'engourdir et détruire.
Vous verrez qu'en cessant de vous juger, il vous sera beaucoup plus facile de changer et de devenir la personne disciplinée que vous souhaitez être. Vous dites vous-même qu'il est pénible de devoir vous battre... alors cessez. Il y a de bien meilleurs moyens de croître et de progresser.