
Chère Berthe,
Laissez-moi commencer avec la question suivante: que feriez-vous si vous vouliez aider une personne à maigrir? Si vous lui répétez qu'elle est repoussante, pensez-vous la motiver? Si vous lui demandez de tout faire du jour au lendemain car vous ne pouvez plus supporter son excès de poids, sera-t-elle énergisée par vos propos? Si vous la traitez de lâche, se sentira-t-elle forte et prête à se prendre en main?
Non. Même un cactus flétrirait à se faire parler de la sorte. Vous rendez-vous compte à quel point vous vous faites violence?
Oubliez les notions de lâcheté et de persévérance; vous avez déjà beaucoup plus de courage qu'il n'en faut. Le hic, si je peux me permettre, c'est que vous me semblez être votre propre ennemie, votre propre obstacle – non pas parce que vous êtes trop faible et indisciplinée, mais bien parce que vous ne vous respectez pas. Oui, on peut carburer pour un temps au dégoût de soi, mais comme vous le savez, cela ne nous mène jamais très loin, en plus d'être exténuant.
Redevenir votre alliée
Lorsqu'on s'aime et que l'on respecte notre corps, on n'a pas besoin de
tant de discipline pour s'offrir une nourriture saine, pour ne pas trop dépasser notre seuil de satiété, et pour faire de l'exercice lorsqu'on en a besoin; c'est presque naturel. Vous me direz qu'il est impossible de vous aimer à cause de votre surpoids, mais je vous répondrai que tous les trucs que je pourrais vous donner pour vous aider à persévérer ne sont que des détails comparés au virage que je vous propose: redevenir votre propre alliée.
Je ne vous suggère pas ici de cesser de vouloir maigrir, mais bien de le faire
pour vous plutôt que
contre vous. En fait, revenons à ma question initiale: que feriez-vous pour aider une personne à maigrir? Que pouvez-vous faire pour
vous aider à maigrir? Le respect inconditionnel aide énormément. La douceur ne fait jamais de tort. Mettre l'emphase sur vos forces plutôt que sur vos faiblesses n'est pas une mauvaise idée non plus. Je vous encourage, Berthe, à vous engager dans cette voie et à faire la paix avec vous-même – avec tout ce que vous êtes, et même ce que vous voulez changer.
Non, porter un excédent de 100 livres n'est certainement pas rose. Mais aussi frustrante soit-elle, cette situation sera beaucoup moins écrasante et beaucoup plus facile à changer lorsqu'elle sera accueillie plutôt que combattue. On perd toujours les combats que l'on mène contre soi-même.